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Raoni revient en Europe

samedi 8 mai 2010
Raoni revient en Europe

Reconnaissable entre tous grâce à sa coiffe couronnée de plumes d'Ara, la lèvre inférieure munie de son labret (plateau), le chef améridien Raoni de la tribu
Kayapos d'Amazonie est mondialement connu pour son combat pour la préservation de la forêt amazonienne depuis plus de 20 ans.

 
Tout a commencé en 1978 lorsque le photographe et cinéaste Jean-Pierre Dutilleux de Malmedy (B) révéla au monde entier le chef Raoni dans un film. Depuis lors, Dutilleux est l'un des dirigeants de l'Association pour la Forêt vierge.
Le cinéaste a suivi Raoni autour du monde dès la fin des années '80 afin de lancer un cri d'alarme à toutes les personnes de bonne volonté, dénonçant la déforestation qui ravageait la forêt d'Amérique du Sud.
Il y a une vingtaine d'années, Dutilleux avait organisé la visite de Raoni et de Sting, alors son allié de combat, à Malmedy.
Raoni avait fait sensation, il y a vingt ans, en entreprenant un tour du monde inédit - en 60 jours - derrière Sting, le chanteur anglais.

                                     
Débarquant à Paris, il est alors reçu par le Maire, Jacques Chirac, puis par le président François Mitterrand à qui il remet le couvre-chef des guerriers de la tribu des Kayapos (Amazonie). Puis, c'est le Roi de Belgique, le prince Charles, le roi Juan Carlos, en Espagne et le Pape Jean-Paul II. Son message : prendre conscience des valeurs de la terre menacée par les hommes.
Chez lui, les chercheurs d'or (« garimpeiros ») envahissent des territoires grands comme des départements et en chassent les Indiens. Paris Match lui consacre une couverture et 16 pages. Il fait l'ouverture du JT de 20 h sur TF1 et participe à un grand prime-time avec Sting. Deux ouvrages illustrés relatent cette odyssée (Lattès & Edition n°1). Raoni est invité à la tribune de l'ONU. Une grande vente aux enchères ponctue la fin de la tournée mondiale à Los Angeles. À son retour, les Indiens ne récupèrent que 50 000 $ sur les 2 millions récoltés par les diverses branches de la Fondation pour la Forêt Vierge (frais de fonctionnement, etc.). Cependant, Raoni se retire dans sa tribu sur une victoire : la délimitation du territoire des Kayapos, sur une zone grande comme 8 fois la Belgique.

              
Vingt ans après, de nouveaux problèmes surgissent, dus à la tentation du monde moderne. Même le cacique Raoni, environ 80 ans, aussi respecté soit-il par son peuple, a du mal à léguer les valeurs ancestrales aux jeunes générations, dont les plus impatients brûlent leurs illusions dans les lumières des faubourgs de Brasilia. D'où ce « Testament ». Qui est d'abord un cri.
Raoni - Mémoires d'un chef indien .


JEAN-PIERRE DUTILLEUX
Cinéaste et photographe spécialisé dans le reportage ethnologique, Jean-Pierre Dutilleux a grandi à Malmédy en Belgique. À 23 ans, caméra au poing, il partage au cœur de la forêt amazonienne la vie des Txucarramae, une tribu hostile d'indiens Kayapos. Diffusé sur la BBC en 1976, Xing, the white man is coming, son premier film, témoigne de sa rencontre avec le chef Raoni et révèle au monde des tribus jamais filmées. Fasciné par la personnalité charismatique du leader indien, il lui consacre en 1978 un long-métrage autour du thème de la destruction de la forêt amazonienne et du génocide des dernières tribus indiennes. Le documentaire « Raoni », commenté par Marlon Brando, est nominé aux Oscars 1979 et vaut à son auteur une réputation internationale.
Passionné, depuis son premier contact avec les peuples du « monde premier » - nom générique qu'il préfère pour nommer l'ensemble des tribus indigènes - Jean-Pierre Dutilleux consacre désormais sa vie à filmer les ethnies menacées dans les lieux les plus reculés (Papouasie, Philippines, Afrique, Indonésie, Amazonie...), afin de préserver leur culture séculaire. Sensibilisé au problème de la destruction des forêts tropicales, le chanteur et musicien Sting a accompagné J.-P. Dutilleux dans un de ses séjours en Amazonie et c'est ensemble qu'ils ont créé la Fondation Rain Forest afin d'aider les Indiens dans leur combat. Au cours d'une tournée mondiale avec le chef indien Raoni, ils ont donné naissance à des fondations locales dans douze pays. L'Amazonie devient alors une cause célèbre, ce qui permet au chef Kayopo Raoni de lancer son cri d'alarme et de récolter les fonds nécessaires à la démarcation des territoires Kayapos. Avec la parution, en août 1993, du décret présidentiel qui officialise la création de l'immense réserve indienne de Menkragnoti, Jean-Pierre Dutilleux voit 20 ans de lutte acharnée récompensés. C'est la première fois que la démarcation de terre indienne avec financement privé est reconnue par le gouvernement brésilien. Une grande victoire.

Au cours de ses années de lutte pour la forêt amazonienne et pour les peuples du « monde premier », Jean-Pierre Dutilleux a réalisé une trentaine de films dont une douzaine en Amazonie et publié quatre livres. Ses photos sont régulièrement exposées aux États-Unis et en Europe. Il continue aujourd'hui à donner des conférences à travers le monde et à soutenir différentes associations de défense de l'environnement. Jean-Pierre Dutilleux, qui découvrit Raoni dans les années 80, a reçu l'Oscar du documentaire à Hollywood.
« Raoni et le monde premier » - Un mot de l'éditeur
À l'occasion de la nouvelle tournée du chef Raoni, porteur d'un message de sensibilisation en faveur de la forêt amazonienne, Jean-Pierre Dutilleux vous fait découvrir à travers cet ouvrage 16 peuplades du monde tribal. Une expérience unique, celle d'un cinéaste et photographe, qui sillonne le monde depuis trente ans, à la rencontre d'une humanité retranchée dans les coins les plus reculés de notre planète. Rescapés de l'âge de pierre, ces peuples ont réussi, contre vents et marées, à traverser le temps et à survivre jusqu'à nos jours. Pourtant, à l'aube du troisième millénaire, tous sont menacés d'extinction, et avec eux, leur patrimoine culturel, témoignage de notre lointain passé. Cet ouvrage est un véritable passeport pour votre voyage en compagnie du chef Raoni aux confins des territoires vierges du monde premier.
Raoni et le monde premier
« Amazonie lutte pour la vie », avec Sting (Ed Lattès, 1989) - Pas trouvé de présentation éditeur
Amazonie, lutte pour la vie
« Raoni - Le tour du monde d'un Indien en 60 jours », avec Patrick Mahé (Edition n°1, 1989) - Pas trouvé de présentation éditeur
Raoni - Le tour du monde d'un Indien en 60 jours
« L'Indien blanc - 20 ans de sortilège amazonien » - Pas trouvé de présentation éditeur
L'Indien blanc.

MALMEDY - 08/05/2010, Raoni, le chef de la tribu Kayapos, était en visite à la bibliothèque de Malmedy, 20 ans après sa 1 re venue .

            
Samedi , dans le cadre de sa tournée européenne, il était en visite à la bibliothèque de Malmedy. Un événement. Vingt ans après sa première venue , en compagnie de son camarade Jean-Pierre Dutilleux.

Le chef Raoni a débarqué à Malmedy , toujours coiffé de ses traditionnelles plumes jaunes. « Il a fallu que je lui achète des vêtements, ironisait Jean-Pierre Dutilleux.

 

Se retrouver en face de ce chef de tribu est assez impressionnant. Il n'avait pas encore prononcé le moindre mot que les applaudissements résonnaient et les flashes des appareils photo crépitaient. Calme, posé et souriant, le chef Raoni a partagé, en portugais, quelques-unes de ses réflexions avec le public. Heureusement, Jean-Pierre Dutilleux faisait office de traducteur.

 

« Je me souviens être venu ici il y a 20 ans, racontait le chef des Kayapos. Je constate qu'il y a moins de forêts et plus de constructions qu'à l'époque. Je vois aussi que les bois sont bien différents chez vous qu'en Amazonie. Je suis heureux d'être ici même si j'ai fait un rêve étrange il y a quelques jours.

                                

J'étais victime d'un accident en arrivant chez vous. J'ai vraiment hésité à venir. Je pense donc souvent aux personnes de chez moi qui s'inquiètent à cause de ce rêve. Je suis certain que dès mon retour, tout le monde sera content de me voir entier. » Attablé à côté de son ami Jean-Pierre Dutilleux, le chef, toujours vêtu de sa veste, s'est lancé dans une grande séance de dédicaces de son premier livre biographique "RAONI : Mémoires d'un chef indien" publié aux Editions du ROCHER dans lequel il décrit notamment le nouveau danger qui menace l'Amazonie ,ce livre il le signe de la premiere lettre de son nom le '' R '' entourées par un grand cercle.

         

 

          

Il s'est ensuite mêlé au public. C'est ainsi qu'on a pu apprendre que Raoni ne buvait pas d'alcool, seulement de l'eau, et était friand des petits toasts et des baisers... de Malmedy. Parmi les autres indiscrétions, on sait qu'il adore admirer le gibier en se baladant dans la forêt, prendre son temps pour le petit-déjeuner et qu'il a logé dans un chalet des environs plutôt que dans un hôtel. Encore une preuve que la simplicité fait aussi les grands hommes.
Puis Raoni fait un discours

La forêt amazonienne est menacée par le nouveau barrage hydraulique de Belo Monte qui devrait être installé en amont du fleuve Rio Xingu : « Neuf millions d'hectares de forêt seront affectés », selon l'ONG Survival.
En 2015, date prévue de son inauguration, ce barrage sera le troisième plus puissant au monde, capable de développer 11 GW.
Selon les autorités, ce projet est sans danger pour le territoire des Indiens. Mais Raoni n'est pas du même avis car d'une part son peuple n'a pas été consulté et d'autre part les terres des tribus du haut Xingu seront inondées : "J'ai demandé à mes guerriers de se préparer à la guerre, j'en ai parlé aussi aux tribus du haut Xingu. Nous ne nous laisserons pas faire. Nous irons tuer les Blancs qui construisent ce barrage", a-t-il déclaré à des journalistes de TF1. "Il est temps que l'on récupère ce qui nous appartient", a précisé Raoni.

                               
Raoni a déjà reçu le soutien de plusieurs personnalités, parmi lesquelles Sting, James Cameron, Sigourney Weaver ou encore Jacques Chirac qui a préfacé son livre.


 

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