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Les indiens Hopi s'opposent à une vente aux enchères à Paris

Masques Hopi: la vente aux enchères de 70 masques sacrés à l’Hôtel Drouot sera-t-elle suspendue ? Décision vendredi, à midi, 2H30 avant l'heure de la vente.

Chez les Hopi, dont les croyances culturelles se perpétuent depuis des siècles, la simple exposition de ces masques sacrés à des non-initiés est considérée comme une grave offense. AFP

SACRILÈGE. La colère a grondé, dans la communauté des indiens Hopi, lorsqu'ils ont appris la nouvelle. Sous la houlette de l’étude Néret-Minet Tessier & Sarrou, 70 de leurs masques sacrés doivent être vendus, vendredi 12 avril, à l’Hôtel Drouot.

Indignés par cette vente, des responsables Hopi ont contacté l’ambassade des Etats-Unis, et demandé l’aide de « Survival International », une association basée à Londres qui milite pour la défense et la protection des peuples indigènes. L’affaire a été portée en justice et un référé demandé.

Un inventaire du monde invisible

Dès le mois de décembre, la publication du catalogue de cette vente parisienne avait surpris les spécialistes de pièces amérindiennes par l’ampleur et la quantité de masques proposés. Aux Etats-Unis, il est par exemple interdit de vendre ces objets sacrés.

Pour les Hopis, ces masques Kachina sont en effet des esprits. Ils composent une sorte d’inventaire du monde visible et invisible et font partie d’un système de croyances très vivaces. Appelés qwatsi, -qui signifie ami-, les Kachina portés lors de danses cérémonielles représentent des déités, mais aussi des ancêtres mythiques. Un peuple ancien avec lequel les Hopis ont été en contact par le passé.

Rapatrier un patrimoine

Une croyance profonde chez ces indiens, veut que la stabilité du monde soit liée à la célébration de ces êtres, lesquels ne peuvent être ni montrés à des non-initiés, ni simplement présentés…en photo !

AUDIENCE. Outre d’empêcher la tenue de la vente, les Hopis, qui sont aujourd’hui un groupe de moins de 10 000 personnes, souhaitent que ces objets soient rapatriés.

Mandaté par Survival International, Maître Pierre Servan-Schreiber a déposé un recours auprès du tribunal de grande instance de Paris, demandant l’interdiction temporaire de la vente, en attendant un examen de la légalité de la collection et de sa vente. L'avocat a défendu ce jeudi 11avril leur demande devant le juge des référés, qui prendra sa décision vendredi à midi. Soit 2H30 avant l'heure prévue de la vente à l'Hôtel Drouot.

Bernadette Arnaud, Sciences et Avenir, 10/04/13

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/

To Hopis’ dismay, tribal masks sold off in Paris


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