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La mort et les rites funéraires Amerindiens

                    

Les croyances relatives au passage de ce monde dans l'autre variaient selon les tribus, mais la plupart des Indiens croyaient qu'un homme avait au moins deux âmes : l'une était libre de toute attache et pouvait quitter le corps durant le sommeil et la maladie, l'autre était chevillé au corps.
La première gagnait immédiatement le monde des esprits après la mort. La seconde subissait le même sort que le corps périssable ou, du moins, restait attachée à lui pendant un certain temps.

« La mort chez les indiens Navajos et autres clans »
Rencontre avec Carole Antoine qui a vécu entre 1963 et 1974 chez les Navajos, les Hopis et les Cheyennes.
Pour les Navajos, la mort est une renaissance, une vie après la vie. Toutes formes de vie a une « âme » (plantes, animaux, pierres …).
Par exemple, lorsqu’un Navajo veut abattre un arbre, ce dernier fait une prière pour « dire » à l’arbre que ce n’est pas par méchanceté qu’il l’abat mais qu’il s’agit d’une nécessité.


Lors d’un décès les Navajos pratiquent ce que l’on appèle le rite initiatique. Le rite initiatique est le jeûne total qui dure 3 à 4 jours durant lesquels la solitude absolue est de mise… Pendant ces jours tous ont des visions de leur vie antérieure, présente et future. Pendant ces jours de « méditation », les réserves sont fermées à tous les étrangers.
Pour les Navajos, la mort n’est pas ressentie comme une peine au contraire, pour eux cet événement qui nous attriste tant nous autres européens est un moment de fête ».
Dans un couple avec enfants, lorsqu’un des parents vient à mourir, l’éducation des enfants est assurée non seulement par le parent restant mais aussi par le reste de la famille voire par le clan entier.
Chez les indiens Montain Stonies, la mort se dit : « Du-wah-otch ».

Propos recueilli par Virginie Cottard


Pour les Tlingits, les personnes les plus menacées par l'éventuelle malveillance du défunt étaient ses proches, aussi les funérailles étaient-elles souvent conduites par une autre famille.Peuple amérindien de la côte nord-ouest des États-Unis (Alaska) et du Canada (îles de la Reine-Charlotte) 

Les morts étaient placés à l'écart afin de mieux couper les liens qui les unissaient encore au monde des vivants.

Chez les Yumas, on brûlait l'ancienne demeure du défunt ou, si elle était toujours habitée, on déplaçait la porte et le trou de fumée pour l'empêcher de revenir. Les Yumas habitent le nord de la Basse-Californie, sur la rive droite du Rio-Colorado.

  

Le corps du défunt était incinéré, enterré ou placé sur un échafaudage, face au ciel.

Chez les Lakotas, les esprits dits wanagi « choses de l'ombre » gardaient les échafaudages funéraires et s'en prenaient aux vivants si les morts venaient à être dérangés.


Le corps d'un Sioux décédé a été placé dans les arbres ou sur une plate-forme en bois (d'échafaudage) assez haut pour protéger le corps contre des animaux et enveloppé dans des peaux.Mais des chefs bien connus ont été enterrés dans des endroits secrets, endroits inconnus,la famille ou les amis pouvaient faire cela pour l'individu. Aujourd'hui, ils sont enterrés dans des cimetières comme dans d'autres cultures. Beaucoup de cimetières d'amérindiens sont dur à trouver, ils sont dans des endroits isolés.

Indiens et Inuits croyaient en une vie après la vie qui ne ressemblait pas toujours aux fameux « territoires de chasse du Grand Esprit » dont parlent les westerns hollywoodiens.

Dans la plupart des cas, l'une des âmes du défunt rejoignait le Créateur pour l'éternité.

Les Delawares croyaient que la seconde âme devait franchir douze niveaux cosmiques avant d'en faire autant.

Chez les Iroquois,L'âme du mort erre malheureuse autour des siens jusqu'à ce qu'ils lui aient donné un tombeau où il puisse habiter ; c'est pourquoi les Iroquois et les Grecs attachaient tant d'importance à recueillir les corps des guerriers tombés sur le champ de bataille. La coutume d'enterrer les cadavres, au lieu de les abandonner sans sépulture à la voracité des animaux, comme le faisaient autrefois les Eskimaux, autorise à supposer que l'idée de l'âme remonte à une antiquité extrêmement reculée, puisque des anthropologistes pensent que des tombes de certaines cavernes dateraient de l'époque paléolithique, l'époque la plus ancienne où l'on ait trouvé des traces positives de la présence de l'homme : ce n'est qu'à l'âge de bronze que l'on substitua la crémation à l'enterrement parce que l'idée de l'âme s'était transformée.

 

Apaches

Souvent l'au-delà n'était qu'une étape, une sorte de purgatoire précédant la réincarnation de l'âme. Pour d'autres tribus le monde des morts était le négatif de celui des vivants, et les rivières y remontaient vers leur source.

Parce que les morts pouvaient souffrir d'être séparés des vivants qui leur avaient été particulièrement chers, ceux-ci s'efforçaient d'alléger leurs souffrances. Pour bien montrer au défunt à quel point il était regretté, certains de ses proches allaient jusqu'à se taillader les membres ou à se couper une phalange du petit doigt.

D'autres se contentaient d'offrir de la nourriture afin de faciliter le passage du mort dans l'autre monde.

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