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Le Canada ouvre les portes des orphelinats de la honte

          

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De 1870 à 1996, le gouvernement canadien a arraché des milliers d'enfants amérindiens à leurs familles pour en faire de «bons petits Blancs». Les survivants témoignent.

Montréal

Les Blancs et les Amérindiens ont entrepris une réconciliation impossible. Depuis les débuts de la conquête, les colons français, puis les Britanniques, ont toujours cherché à assimiler les populations autochtones. L'assimilation a atteint un sommet au XXe siècle, lorsque les autorités canadiennes ont enlevé plus de 150.000 enfants amérindiens à leurs parents, pour les placer dans des orphelinats. Là tout était mis en œuvre pour qu'ils oublient et leurs racines et leur culture.

Avec ces pensionnats, Ottawa voulait briser les cultures autochtones. Les enfants qui y étaient enfermés n'avaient pas le droit de parler les langues amérindiennes et inuites. L'objectif était d'en faire de «bons petits Blancs». Outre la douleur du déracinement, la perte d'une culture, d'une langue, d'un nom, d'une famille, ils devaient endurer des coups et des sévices sexuels.

En 1997, les autochtones ont entrepris des poursuites contre l'Église et le gouvernement canadien et Ottawa a promis de dédommager les anciens pensionnaires. Le dernier de ces 130 pensionnats autochtones avait été fermé l'année précédente. Après un mea culpa officiel en 2008, Ottawa a mis en place la Commission de vérité et de réconciliation pour montrer toute l'horreur de ces orphelinats. Elle a rendu son rapport fin février et pendant plusieurs mois, quelque 80.000 survivants viendront témoigner à travers tout le Canada.

Benoît XVI exprime sa «peine»

Des audiences publiques de cette commission historique ont eu lieu il y a quelques jours à Val d'Or, à 600 km au nord de Montréal. Des Amérindiens Algonquins ont raconté leurs souvenirs dans les pensionnats sans parvenir à retenir leurs larmes. «Avant le pensionnat, c'était la liberté avec mes parents. On se promenait en canot. On était sur notre territoire», a témoigné un Algonquin d'une soixantaine d'années, Jean Papatie. Son enfance s'est arrêtée lorsque deux gendarmes royaux sont venus le chercher pour le placer dans un orphelinat, sans que ses parents aient le droit de s'y opposer. «J'avais sept ans. Il fallait que je devienne francophone. On m'a donné un nom catholique qui pourrait m'aider à entrer au ciel». Des années plus tard sa voix se brise encore et ses yeux s'emplissent de larmes quand il raconte ce soir où il a été tiré de son lit pour être violé.

Les sévices sexuels étaient souvent infligés par des prêtres. Les pensionnats étaient administrés à 75 % par l'Église catholique. Elle a, par la suite, exprimé des regrets du bout des lèvres. En 2009, le pape Benoît XVI a fait part de «sa peine» face à «l'angoisse causée par la conduite déplorable de certains membres de l'Église» et «les souffrances endurées par quelques enfants autochtones». Déracinés, souvent devenus alcooliques ou toxicomanes, les Amérindiens, eux, peinent à pardonner.

Dans leurs recommandations, les membres de la Commission de vérité et réconciliation souhaitent que chaque collège affiche la lettre d'excuse du gouvernement canadien à tous ceux qui furent placés dans ces pensionnats et que des sommes d'argent soient débloquées pour leur apporter une aide psychologique.

Source :  http://www.lefigaro.fr/

 


Pensionnats autochtones

Une commission pour faire la paix des âmes

La juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverley McLachlin, a soutenu jeudi que les politiques assimilationnistes du Canada envers les autochtones au début de la Confédération s’appelleraient, «dans le langage du XXIe siècle, un génocide culturel».

Source : http://www.ledevoir.com

 

Marche pour les victimes des pensionnats autochtones

Plusieurs milliers de personnes ont pris la rue à Ottawa et à Gatineau, dimanche, pour la marche de la réconciliation, en soutien aux victimes des pensionnats autochtones.

Source : http://ici.radio-canada.ca

 

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