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2.Les Autochtones du Canada

                                    

Le Mí'kmaq s'écrit différemment, Micmac, Mikmak, Mikmaq.

L'origine du nom Micmac, ou Mi'kmaq, qui désigne à la fois un peuple et sa langue, demeure incertaine. Des sources historiques font état d'autres noms désignant les Micmacs, tels que Gaspésiens, Souriquois, Acadiens et Tarrantins. Au milieu du XIXe siècle, Silas Rand rapporte que les Micmacs s'attribuent le nom de wejebowkwejik. À l'arrivée des Européens, les peuples de langue micmaque occupent la côte de la Gaspésie et les Maritimes à l'est du bassin du FLEUVE SAINT-JEAN. Ils vivent encore aujourd'hui dans cette région, de même que dans des communautés à Terre-Neuve et en Nouvelle-Angleterre, particulièrement à Boston. Les Micmacs recensés sont au nombre de 19 891 en 1996, en plus de quelque 4 500 personnes non inscrites d'origine micmaque (voir INDIENS). Les évaluations de la population autochtone varient de 3 000 à 35 000, mais on peut raisonnablement croire qu'ils sont environ 20 000.

La langue des Mi'kmaq, Mi'kmawi'simk ou Mikmawisimk,

langue algonquine parlée par 8,000 personnes dans les Provinces

maritimes du Canada (en particulier la Nouvelle-Écosse)

ainsi que dans quelques communautés des Etats-Unis.

 

Les Malécites - Welustuk - ceux vivant le long de la Grande rivière :
Puisque les Malécites sont semi-nomades, leur territoire de chasse, de pêche et d'agriculture (maïs) des Malécites s'étend à l'ensemble de la province actuelle du Nouveau-Brunswick. Plusieurs tribus malécites se sont établies sur les rives de la rivière Saint-Jean. Les Malécites font partie de la Confédération Wabanaki (Penobscots, Passamaquoddy, Abénaquis du Maine, Micmacs) et, pour cette raison, ont été souvent confondus avec les autres membres de leur confédération. En effet, les Français les appelaient Passamaquoddy, se référant à l'endroit où plusieurs Malécites ont vécu, c'est-à-dire la vallée de la baie de Passamaquoddy. Ils ont été aussi surnommés Etchemins. L'orthographe du mot ' Malécite ' varie également entre Malécite et Maliseet (en anglais). La communauté malécite n'a jamais été très peuplée, allant de 1 000 à 2 000 individus.

Les Malécites ont été des grands alliés pour les Français, surtout Pierre Dugua de Mons et Samuel de Champlain qui ont établi la première colonie sur l'île Sainte-Croix. Ils ont échangé des fourrures contre des objets précieux ou de première nécessité. Même lorsque la colonie est déménagée à Port-Royal après le dur hiver de 1604-1605 et la mort de la moitié des habitants, les Français ont continué à commercer avec les Malécites de la région qui ont incroyablement prospéré. Cependant les contacts entretenus avec les Européens ne leur ont pas été très bénéfiques dans certains cas. En effet, comme la plupart des Amérindiens, ils n'étaient pas immunisés contre les maladies européennes et, en 1694, la peste a ravagé la population malécite, emportant 120 Malécites; le reste de la communauté a fui le village de Médotec afin de se protéger du désastre.

Les guerres entre la France et l'Angleterre en territoire nord-américain ont également permis aux Malécites de créer des liens solides avec les Français. Puis, en 1728, les Malécites ont abandonné leurs alliés français en ratifiant le traité de paix conclu à Boston avec les Anglais et en vertu duquel tous les Amérindiens de la Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle-Écosse reconnaissent la souveraineté britannique sur la Nouvelle-Écosse. La communauté malécite a fort mal accepté cette défaite et les tentatives de sédentarisation complète des gouvernements subséquents ont ajouté au ressentiment des Malécites. Les Malécites ont toujours refusé d'adopter le mode de vie des Blancs et de vivre dans des réserves aux dimensions ridicules comparées à leurs territoires de chasse illimités. Aujourd'hui, la nation malécite ne compte plus que 537 membres.

 

Les Inuits


Un autre grand groupe occupe la région au nord de la baie d'Hudson et le Grand Nord du Nouveau-Québec, il s'agit bien sûr des Inuits (mot qui signifie «personnes»). Jadis appelés «Esquimaux» par certaines tribus ainsi que par les Français, le terme fut changé parce que peu flatteur (il signifie «mangeurs de viande crue»). Leurs voisins algonquiens les nommaient 'ayaxkyimewa' (qui parlent la langue d'une terre étrangère», selon l'ethnolinguiste José Mailhot. Les Inuits sont probablement le groupe qui eut le moins de contact avec les Français compte tenu de leur situation géographique. 


 

Pour les Inuits les animaux ont tous une âme et ils doivent être respectés, sinon ils se transforment en monstre sanguinaire.

Les Inuits portent plusieurs couches de vêtements de peau.Le vêtement est en peau de caribou. Le premier se porte poils sur la peau, le second poils vers l'extérieur.

Ce sont les femmes qui sont chargées de confectionner les vêtements (réputés comme étant les plus chauds de la planète).Elles utilisent du fil qu'elles fabriquent avec les tendons fibreux des muscles du dos et des jambes du caribou.Elles fabriquent les aiguilles avec du cuivre ou des os d'animaux.Chez les inuits, toute jeune fille doit savoir couper les peaux, les assembler et les coudre pour acquérir son statut de femme.


Les Montagnais

Les Montagnais forment la nation autochtone la plus populeuse du Québec. Avant la colonisation, ils occupaient un immense territoire longeant la Côte-Nord et le Saguenay, englobant les terres jusqu'à la hauteur de Schefferville. Selon des témoignages issus de la tradition orale, les Montagnais côtoyaient les Inuit de façon plus ou moins harmonieuse jusqu'à ce que ces derniers se replient au nord, en 1760. Au XVe siècle, les Montagnais ont établi les premiers contacts avec des baleiniers et des morutiers européens venus pêcher sur les côtes et établir des campements temporaires.

Très tôt, ils nouèrent avec les Européens des relations basées sur le commerce des fourrures, ce qui les amenèrent à modifier leur mode de vie traditionnel nomade pour s'adonner quasi exclusivement au piégeage des animaux à fourrure. La tradition orale montagnaise conserve de nombreux détails sur cette période. On raconte par exemple que les Montagnais et les Français avaient conclu une entente permettant à ces derniers d'occuper certaines terres en échange de farine, afin de prémunir les Montagnais contre les famines chroniques. Ainsi, dans les récits, il est souvent question l'époque pré-farine.

À l'époque pré-farine, les Montagnais pratiquent une économie de subsistance tirée des ressources fauniques abondantes. Ils utilisent les peaux et les os pour se confectionner des vêtements et des armes. Ë l'époque pré-farine, ils échangent leurs pelleteries contre du saindoux, du thé, du beurre, de la toile et des armes à feu. Le clergé a tôt fait de s'établir à proximité des postes de traite pour agrandir la famille chrétienne. Dès 1632, les jésuites ouvrent leur première mission chez les Montagnais. Ë la fin du XVIIIe siècle, la Compagnie de la Baie d'Hudson exploite plusieurs postes de traite en territoire montagnais.

Au cours du XIXe siècle, l'exploitation forestière supplante le commerce des fourrures. Cette nouvelle activité, combinée au peuplement de la vallée du Saint-Laurent, dépossède les Montagnais de nombreux territoires de chasse. Ils se replient alors vers le nord de leur territoire mais en vain, car la colonisation les rejoint bientôt jusqu'au lac Saint-Jean.

C'est à cette époque que le gouvernement canadien crée les premiers villages: Mashteuiatsh, Les Escoumins et Betsiamites. Au début du présent siècle, l'exploitation minière et la construction de barrages hydroélectriques transforment davantage ce qu'il reste du territoire traditionnel des Montagnais. Des clubs privés occupent les meilleurs sites de chasse et de pêche sur les rivières à saumons, de sorte que les Montagnais ont difficilement accès aux ressources qui leur assuraient jadis subsistance.

Vers les années 1950, le gouvernement fédéral crée de nouveaux villages: Uashat et Maliotenam, Natashquan, La Romaine, Matimekosh et Mingan. Des Montagnais s'installent aussi à Pakua Shipi, bien que le territoire n'ait pas le statut officiel de réserve indienne. Au cours des dernières décennies, les Montagnais ont récupéré certaines pourvoiries ayant appartenu à de grandes compagnies privées. L'économie des collectivités de Mingan, La Romaine et Natashquan est étroitement liée à la pêche au saumon. Les Montagnais sont conscients du potentiel économique que recèle l'industrie touristique de leur territoire.

Pour en tirer le maximum, les Atikamek et les Montagnais négocient avec les gouvernements fédéral et provincial pour un partage équitable des ressources dont ils avaient jadis la jouissance, et pour un nouveau partage des pouvoirs sur leur territoire ancestral.

 


Les Naskapis

Petite communauté nomade d'environ 1 500 autochtones, les Naskapis vivaient au XVIIe siècle, au sud de la Baie d'Ungava, entre la côte du Labrador et de la Baie d'Hudson. L'agriculture étant impraticable sur ces terres nordiques, les Naskapis tiraient leur subsistance de la chasse au caribou, au phoque et aux oiseaux migrateurs ainsi que de la pêche blanche.

La Nation Naskapi possède une culture et une langue spécifique et distincte des autres nations autochtones et Inuit. Ceux-ci ont pu préserver leur mode de vie traditionnel jusqu'au début du siècle, puisqu'ils n'ont été en contact que de façon occasionnelle avec les Européens, et par la suite avec les Québécois à partir de 1821.

Toutefois, l'ouverture d'un comptoir de fourrures dans la région de Schefferville, à Fort-Nascopie, en 1838, vient bouleverser le mode de vie des Naskapis. L'installation de ce poste de traite à proximité de leur campement les encourage à abandonner leurs pratiques de chasse traditionnelle pour s'adonner au piégeage des animaux à fourrure, qui devient une bonne monnaie d'échange.

Les Naskapis deviennent vite dépendants des postes de traite. Cette dépendance entrane une séparation des familles qui fréquentent différents postes de traite. Fautes d'échanges, les chasseurs ne connaissent plus la trajectoire suivie par les hardes de caribous. Privé de cette source d'alimentation, le peuple naskapi fait face à la famine qui menace l'existence de la communauté. Ainsi, en 1949, Fort-Chimo doit recourir à l'aide alimentaire et sanitaire du gouvernement fédéral pour assurer sa survie. En 1956, le gouvernement fédéral décide de déménager la communauté naskapie à Schefferville. Durant vingt-cinq ans, les Naskapis font bon voisinage avec les Montagnais, dans le village de Matimekosh.

La signature de la Convention du Nord-Est québécois, en 1978, marque un nouveau tournant dans la vie de la population naskapie. En compensation de la perte de leurs territoires et droits ancestraux, on leur accorde 9 millions de dollars. Les Naskapis se voient concéder un territoire de 41,1 km2 (terre 1A-N) par le gouvernement fédéral pour leur usage exclusif ainsi qu'un terrain de 284,9 km2 (terre 1B-N). Ils disposent d'un territoire exclusif de chasse et de pêche de 4 144 km2.  l'automne 1984, ils déménagent dans leur nouveau village, Kawawachikamach, à 20 kilomètres au nord de Schefferville. Aujourd'hui, plus de 500 Naskapis y vivent de façon permanente.

Récemment, en collaboration avec les Montagnais, les Naskapis ont obtenu le contrat d'entretien et de maintenance de l'aéroport de Schefferville et projettent maintenant d'acquérir le barrage de la compagnie Iron Ore. L'économie se développe autour de projets dans le secteur touristique: le club de chasse et de pêche Tuktu, une organisation de tourisme nordique, le Naskapi Adventure Club en sont des exemples.

http://www.algonquinnation.ca/

 

                         Les Cris des Bois

               

Même s'il y a des évidences qui nous indique que les Cris ont habité dans les régions de la tremblaie de l'Ouest depuis un certain temps, les Cris des plaines sont d'origine de l'est et se sont déplacés vers les Plaines par leur rôle dans la Traité des fourrures. Quoique le terme 'cri' est probablement issu d'un nom français d'origine inconnue, 'Kristeneaux', leur propre nom est Nehiyawak ou le 'peuple exact'. Il y a beaucoup de branches de la nation crie à l'étendue du pays et, typiquement, on les divise en Cris des plaines, Cris des bois et Cris de l'orignal.

Les Cris des bois ou les Cris des marécages sont le plus grand groupe amérindien du nord de l'Alberta. Ils sont de souche linguistique algonkienne. Avant le 18e siècle, leur territoire entourait la baie d'Hudson aussi loin vers le nord que Churchill et à l'est de la baie James jusqu'au lac Mistassini. Quoique les limites de leur expansion vers l'Ouest ne sont pas précisément connues, au 18e siècle ils s'aventurent en Saskatchewan et au Manitoba comme entremetteurs, et Traitént avec les tribus de l'Ouest. Après avoir acquis des fusils par la Traité, ils étendent leur territoire et chassent les autres tribus plus loin vers l'ouest et le nord. Un grand groupe de cris s'installent vers le sud des prairies de l'ouest et s'adaptent à un mode de vie des plaines, formant une alliance rapprochée avec la tribu assiniboines (stoney). 

Le matériel de leurs loges variait selon leurs locations. Dans les régions plus au sud, ils habitaient dans des wigwams faits d'écorce de bouleau, et plus au nord, où le bouleau est plus chétif, ils utilisaient des couvertures de branches de sapin et des peaux de cariboo sur des structures coniques. Il y avait une division nette en ce qui concerne le travail pour les hommes et les femmes. Les hommes chassaient, pêchaient, fabriquaient les canots, les traîneaux, les outils de chasse et les armes pour la guerre. Les femmes pratiquaient la cueillette, posaient les collets pour les lièvres et autres petits animaux, tannaient les peaux, coupaient le bois de chauffage, fabriquaient les raquettes, dressaient les tentes, allaient chercher le bois, tissaient les rets, et faisaient les vêtements décorés d'épines de porc-épic ou de perles. Les manteaux et les couvertures étaient fait de peaux de lièvre tissées ou de la douce fourrure du cariboo. Au printemps et à l'automne les Cris chassaient les canards et les oies, et les lagopèdes. Comme beaucoup d'autres tribus qui dépendaient sur les lièvres pour se nourrir et se faire des vêtements, ils subissaient les effets du déclin cyclique des populations de lièvres surtout durant les neuvièmes et dixièmes années du cycle lorsqu'ils disparaissaient presque complètement. L'hiver était un temps particulièrement difficile pour les Cris, comme en était le cas pour tous les groupes des bois, même jusqu'à très récemment. 

Les Cris des bois ont été une des premières nations à faire des échanges avec les Traitéurs de fourrure européens, aussi tôt que 1600. Ils se sont associés de très près avec la Traité des fourrures et ont adapté leurs vêtements et bien des aspects de leur mode de vie et de leur culture aux manières des Européens. Considérés comme d'excellents chasseurs et piégeurs, ils approvisionnaient les postes de Traité de viande et de pemmican, et de fourrure, soit directement ou indirectement de la Traité avec d'autres tribus. Les mariages ou les alliances entre les Cris et les Traitéurs de fourrure sont devenus un maillon essentiel dans les négociations de Traité de fourrure. Puisque les familles étaient presque toujours en déplacement, les femmes accouchaient souvent durant le trajet.

Les descendants de cette alliance ont formé la base du peuple d'une nouvelle nation, celle des Métis, ou des half-breeds, qui adoptent soit le mode de vie du peuple de leur mère, soit celui des européens et reçoivent une éducation qui leur permet de devenir des commis et des Traitéurs pour les compagnies du Nord-Ouest ou de la Baie d'Hudson. En 1800, les Cris sont sont bien établis en Alberta, du delta des rivières de l'Athabasca et de la Paix vers le nord, le long de la rivière de la Paix et vers le sud jusqu'à la rivière Saskatchewan


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