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Marlon Brando refuse l’Oscar pour le Parrain

Marlon Brando dira dans son autobiographie "Songs my mother taught me"

"Le simple fait d'être une star de cinéma fait que les gens vous accordent des droits particuliers et des privilèges."

Et de ces droits particuliers et ces privilèges acquis par sa célébrité d'acteur, il va les l'utiliser, une fois de plus, pourdéfendre des causes humanitaires. Son coup d'éclat, le plus célèbre, a été cette année de 1973, année lorsqu' une confrontation a lieu, entre les indiens et les fédéraux, àWounded Knee (Dakota du Sud). Un siège s'en suivit, qui durera 71 jours.

                                                     

Pour que les médias s'intéressent, un plus, à ce qui s'y passait,  Marlon Brando enverra à sa place, une jeune actrice indienne Shacheen Littlefeather à la cérémonie des Oscars, pour refuser son prix d’interprétation masculin Don Corleone dans Le Parrain..

 

Elle ne pourra pas lire le discours prévu de Brando. Elle expliquera, plus tard, qu’il y avait tellement de colère envers elle, qu’un homme retenu par six hommes, voulait l’empêcher d’aller sur scène. Ce que les gens ne savaient pas, c’était qu’elle avait entendu tout ce qui s’était passé, et ces hurlements. On l’avait prévenu qu’elle n’avait que 60 secondes maximum pour s’exprimer, sinon elle serait arrêtée avec des menottes et si cela avait été le cas elle aurait eu honte et se sentirait humiliée.

                              

Voici ce qu’elle dira  lors des Oscars en 1973

Bonsoir. Mon nom est Sacheen Littlefeather. Je suis  Apache et je suis la présidente du National Native American Affirmative Image Committee.

Je représente Marlon Brando à cette soirée, et il m'a demandé de vous dire, dans un très long discours, que je ne peux pas partager, actuellement, avec vous (dû au manque de temps), mais que je serais heureuse de le faire, après avec la presse. Il (Marlon Brando) ne peut pas, avec ses plus grand regrets, accepter cette très généreuse récompense. Et la raison étant le traitement des Indiens d'Amérique, aujourd'hui par l'industrie cinématographique (excusez –moi) et par la télévision dans les diffusions de films , et aussi les événements récents à Wounded Knee.

Je vous prie en ce moment de n'avoir pas gâché cette soirée et que nous ferons à l'avenir...  nos cœurs et notre compréhension se réuniront dans l'amour et la générosité.

Merci au nom de Marlon Brando.


Traduction en Français du discours de Marlon Brando que Shaheen Littlefeather a prononcé devant les journalistes.

Depuis 200 ans, nous avons dit au peuple Indien, qui se bat pour leur terre, leurs vies, leurs familles et leur droit à leur liberté : " Déposez vos armes, mes amis, ensuite nous serons unis. Seulement si vous déposez vos armes, mes amis, pouvons-nous alors parler de paix et  parvenir à un traité qui sera bon pour vous."

Quand ils ont déposé les armes, nous les avons assassinés. Nous leur avons menti. Nous les avons dépouillé de leurs terres. Nous les avons forcé à signer des accords frauduleux, que nous avons appelé traités, que nous n'avons jamais respectés. Nous les avons transformés en mendiants sur un continent, qui a leur donné la vie aussi loin que la vie s'en souvienne. Et par l'interprétation de l'histoire, qui fut contournée, nous n'en avons pas le droit. Nous n'étions pas ni dans la légalité, ni justes dans ce que nous avons fait. Pour eux, nous devons pas réintégré ces personnes, nous n'avons pas été  à la hauteur de certains accords, car ce droit nous a été donné, en raison de notre pouvoir d'attaquer les droits des autres, de prendre leurs biens, de prendre leurs vies quand ils essaient de défendre leurs terres et de leur liberté, et de rentre leurs qualités un crime et de nos propres morales des vices.

Mais il y a une chose qui va bien au-delà de la portée de cette perversité, et c'est le tumultueux verdict de l'histoire. Et l'histoire nous jugera sûrement. Mais est-ce que cela nous importe ? Au nom de quel type de schizophrénie morale nous permet-elle de hurler la voix de la tête notre porte-parole national, pour faire entendre au  monde entier, que nous honorons nos engagements, quand chaque page de l'histoire, quand toutes les nuits et les jours de ces 100 derniers années dans les vies de l'Indien d'Amérique sont soifs, famines, humiliations, contredisent cette voix.

Il semblerait que le respect des principes et l'amour du prochain soient devenues dysfonctionnelles dans le pays qui est le nôtre, et que tout ce que nous avons fait, tout ce que nous avons réussi à accomplir avec notre pouvoir est tout simplement d'anéantir les espoirs des pays nouveaux nés de ce monde , ainsi  comme tout comme nos semblables amis et ennemis, que nous ne sommes pas sans cruauté, et que nous n'honorons pas nos traités.

Peut-être qu'à ce moment que vous êtes en train de vous dire, que diable cette histoire à avoir avec la cérémonie des Oscars ? Pourquoi cette femme, ici, debout, a ruiné notre soirée, a envahi notre vie avec des choses qui ne nous concernent pas, dont nous nous en soucions pas? Perdre notre temps et de l'argent et s'immiscer dans nos maisons.

Je pense que la réponse à ces questions non posées, est que la communauté du cinéma a été  aussi responsable de la dégradation de l'Amérindien et se moque de ses qualités, le décrivant comme sauvage, hostile et diabolique. Il est déjà assez difficile pour des enfants de grandir dans ce monde. Lorsque les enfants  des Indiens regardent la télévision, et ils regardent des films, et quand ils voient leur race, comment elle est représentée dans les films, leurs esprits sont blessés, de ces manières que nous ne pourrons jamais connaître.

Récemment, il y a eu quelques tentatives hésitantes pour corriger cette situation, mais trop hésitantes et trop peu, alors moi, en tant que membre de cette profession, je ne me sens pas, en  tant que citoyen des États-Unis, capable d'accepter cette récompense ici ce soir. Je pense que les récompenses dans ce pays à ce moment, sont inappropriées à recevoir ou à donner, jusqu'à ce que la condition des Indiens d'Amérique soit radicalement changée. Si nous ne sommes pas le gardien de notre frère,  laissez-nous au moins ne pas être son bourreau.  

J'aurais dû, ce soir, ici, vous parler directement, mais j'estimais que peut-être je pouvais être plus utile si j'étais à Wounded Knee, pour anticiper l'aide, de quelle façon que je puisse, pour l'établissement d'une paix, qui serait déshonorante tant que l'eau des rivières coulera rivières et que l'herbe grandira.

J'ose espérer, que ceux écoutent, ne le considéraient pas cela comme une intrusion grossière, mais comme un effort sérieux pour attirer l'attention sur une question qui pourrait très bien déterminer, si oui ou non, ce pays a le droit de dire, à partir de ce moment là, que nous croyons en des droits inaliénables de tous les peuples à rester libres et indépendants, sur des terres,  qui les ont fait vivre, bien plus longtemps que l'homme ne puisse s en souvenir

Je vous remercie pour votre gentillesse et votre courtoisie pour Miss Littlefeather.
Merci et bonne nuit.

Voici le télégramme que Marlon Brando a envoyé aux organisateurs :

" Le sens de l'honneur se perd singulièrement dans ce pays, de nos jours et les pouvoirs publics transforment les citoyens en objets. L'impérialisme et l'ingérence des États-Unis dans les pays étrangers, mais aussi indirectement de notre propre peuple. Les Indiens et les Noirs ont été mal traités, la presse est muselée et les idéaux sont à l'origine de la fondation de ce pays, ont été violés. Je vous demande respectueusement de comprendre qu'accepter un honneur, si bien intentionné soit-il, reviendrait à appauvrir encore le peu qu'il nous reste".
Source - Tomate Joyeuse-http://tomatejoyeuse.blogspot.be/
 
Le vendredi 6 août 2010
Sacheen Littlefeather regrette son discours aux Oscars

L'actrice Sacheen Littlefeather dit avoir payé un lourd tribut à la suite de son allocution à la cérémonie des Oscars en 1973, alors qu'elle avait lu un texte dénonçant le traitement que réservait l'industrie du film aux Amérindiens.

Mme Littlefeather avait été envoyée par le célèbre acteur Marlon Brando pour refuser en son nom l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans Le Parrain et pour faire la lecture d'un texte polémiste.

Dans un discours qu'il avait lui-même écrit, Marlon Brando accusait Hollywood de verser dans le stéréotype en «dégradant les Indiens» et en se «moquant de leur nature, la dépeignant comme sauvage, hostile et malveillante».

L'actrice, de son vrai nom Maria Cruz, estime maintenant que cette prise de parole hautement médiatisée a mis sa vie en péril. Lorsqu'elle s'est rendue chez Marlon Brando après la cérémonie, des coups de feu ont été tirés sur la porte d'entrée, affirme-t-elle.

D'autre part, cela aurait hypothéqué sa carrière d'actrice. Sacheen Littlefeather n'a réussi qu'à décrocher quelques rôles mineurs entre 1973 et 1976.

Elle estime que le gouvernement américain a encouragé l'industrie du divertissement à éviter de l'embaucher afin de mettre fin au militantisme des Indiens d'Amérique.

Notons que l'intervention de Mme Littlefeather avait suscité la controverse pour une raison supplémentaire: elle-même n'était pas Amérindienne, mais plutôt Mexicaine.

Mme Littlefeather a tenu ces propos jeudi lors de la projection de presse d'un documentaire intitulé Reel Injun: On the Trail of the Hollywood Indian, qui devrait être présenté en novembre dans le cadre de la série «Independent Lens».

Agence France-Presse
Beverly Hills

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